Travail en laboratoire

Datations

Relative

C’est une datation approximative obtenue à partir de déductions. Le datation relative est déterminée en comparant le contexte et le style du matériel archéologique retrouvé et en le comparant à ce qui a été retrouvé ailleurs dans des contextes analogues. Relatif à tel élément ou selon tel indice, la datation relative se base sur les autres datations et fait des liens. Bien qu’elle soit encore utile, la datation relative était très utile avant la découverte de la datation par carbone 14 durant les années 1950. La sériation, la typologie et la stratigraphie sont des datations relatives.

Par exemple, la bague de mariage en or trouvée dans un coffre au grenier de la maison de grand-mère ne peut être datée par une analyse chimique, cependant, on pourra la dater par ses caractéristiques stylistiques et le styles des autres objets se trouvant dans le coffre dont : le vase en terre cuite, la peinture de votre aïeul ou l’argenterie avec un millésime etc.

Absolue

Datation obtenue à partir d’un élément dont nous connaissons la date de fabrication ou à la suite d’une analyse chimique faite en laboratoire par le chimiste et non pas l’archéologue. Étant une datation précise, elle est rarement à l’année près. Elle a toujours une marge d’erreur possible, qui varie selon la méthode utilisée et la qualité des matériaux utilisés pour la datation. Les datations absolues ont aussi une limite d’efficacité dans le temps, ainsi, la datation par C14 d’un objet plus vieux que 75 000 ans ne sera pas fiable. L’année indiquée sur une pièce de monnaie est une datation absolue mais, pour l’utiliser, il faut tenir compte du contexte de sa découverte.

La datation au C14 se calcule par la perte de carbone depuis la mort d’un organisme vivant. Le carbone 14 se désintégrant à un rythme connu, ce que le chimiste calcule est la quantité résiduelle de C14 dans l’objet afin de déterminer la date depuis la mort de l’organisme vivant. D’autres analyses sont également possibles pour déterminer la chronologie d’un site, tels la dendrochronologie et la thermoluminescence.

Datation des pipes

Les pipes peuvent être datées, par exemple, en fonction du contexte archéologique, de la forme, des matériaux, du décor, du diamètre du trou de fumée et des marques de fabriquant


Matériaux et provenance

Déterminer le type de matière première utilisée pour la fabrication d’artefacts, d’écofacts et vestiges (bois et ses essences, poterie, mortier et ses inclusions, pierres, coquillages, os, types de sols, etc.) est essentiel. Ces déterminations concernent autant le temps que l’espace. Certaines argiles ou types de calcaires, par exemple, ne se trouvent qu’à un endroit précis de la planète, alors que certains mélanges de pâtes à poterie correspondent à une époque en particulier.

Ces analyses permettent d’obtenir plusieurs types d’informations. Tout d’abord, il peut dater un item ou un ensemble, mais aussi indiquer les réseaux de diffusion des matériaux et des styles de fabrication. Elles peuvent donc indiquer s’il y a eu du transport sur de longues distances. Par exemple, si le fer utilisé pour la fabrication de clous retrouvés en Nouvelle France à l’époque de sa colonisation provient de la France, ils peuvent avoir été forgés avant le départ ou sur place après transport de la matière première, mais si ce fer vient du Québec, alors ils ont probablement été forgés au Québec et on doit donc chercher la source du métal utilisé ,une forge pouvant se trouver dans les environs du site archéologique que nous fouillons. Avec une confirmation de transport, on peut également déterminer les routes terrestres et maritimes utilisées. Cette information peut nous indiquer les échanges entre populations et cultures, soit des traces de commerces, mais aussi la valeur des matériaux pour les gens de l’époque.

Ensemble d'artefacts prélevés dans l'opération 44

Ensemble d'artefacts prélevés dans l'opération 44, céramique et verre


Recherche et comparaisons

Comparer avec d’autres sites ou méthodes

Une comparaison est faite avec les collections retrouvées à d’autres sites ayant des items similaires, qui ont pu être datés ou qui sont en meilleur état; la comparaison permet de comprendre la nature des vestiges du site à l’étude lorsqu’il est plus endommagé par exemple. La recherche de similitudes permet aussi d’expliquer et de valider ce que l’on a et de vérifier nos hypothèses.

Par exemple, un site où les poteaux de bois des murs sont bien conservés aidera à comprendre l’élévation selon les trous de poteaux d’un autre site similaire et à en faire l’interprétation.


Typologie

C’est un catalogue, mais pas seulement un inventaire. C’est un classement d’un même item (par exemple les vases grecs) selon ses caractéristiques à travers le temps (styles artistiques, formes, textures). Elle peut être faite entre plusieurs sites ou à l’intérieur d’un même site ou d’une même région. La typologie permet ensuite de faire des datations relatives des mêmes objets trouvés en fouille, soit une datation par types. La datation de ces objets peut permettre de dater un site ou d’illustrer l’influence d’une culture ou sa préférence pour un type d’outil dans une aire culturelle ou à une période donnée.

Par exemple, l’étude de la vaisselle que nous utilisons depuis les derniers 400 ans fait apparaitre de nouveaux types stylistiques parmi notre vaisselle de table, des styles qui révèlent des échanges entre la Chine et l’Europe, des imitations locales et l’utilisation de nouveaux matériaux.

Différents types de bouteilles

Différents types de bouteilles


Expérimentations et reconstructions

Reproduire la méthode de fabrication ou l’événement historique le plus fidèlement possible, selon les conditions de l’époque et de la culture étudiée. Cela permet de valider ou d’invalider nos interprétations, ainsi que de mieux comprendre certaines étapes dans la fabrication et l’utilisation de nos outils.


Multidisciplinarité

Étant donné que l’archéologie étudie l’Homme dans son environnement naturel et son contexte culturel, aucun archéologue ne peut, seul ,tout analyser ni comprendre tout ce qu’il retrouve. L’archéologie est un travail d’équipe et chacun possède sa spécialité. Plusieurs autres disciplines peuvent être mises à contribution dans une recherche archéologique se voulant multidisciplinaire. Au sein de l’archéologie nous retrouvons plusieurs spécialisations : l’archéozoologie (étude des restes osseux d’animaux), l’archéoentomologie (études des restes d’insectes), l’archéologie du bâti (étude des traces d’états de constructions sur les élévations ou les fondations des vestiges) , la céramologie, l’analyse de la pierre taillée, la paléobotanique (étude des plantes du passé) etc.

L’archéologue peut aussi être spécialiste d’une aire culturelle ou d’une période précise de l’histoire de l’humanité. Cependant, un archéologue du bâti ne peut pas connaitre toutes les architectures de toutes les époques et de partout dans le monde. Il choisira une époque, par exemple le Moyen-âge de l’an mil, puis un endroit, par exemple, la région du Midi-Pyrénées en France, et ensuite il choisit un matériau précis, bois, pierre ou mortiers par exemple. Le directeur d’une recherche archéologique se référera donc au spécialiste nécessaire en fonction de ses découvertes et de ses objectifs, pour l’aider dans son interprétation mais, à la fin de sa journée, l’archéologue doit tout de même être capable de faire preuve de synthèse des nombreuses sources d’information mises à sa disposition.

Conservation

Conservation sur le terrain

Le sol étant un bon agent de conservation dans la plupart des cas, la fouille est, quelquefois, une menace pour l’intégrité des vestiges. Le but est de protéger les vestiges des intempéries et du contact de l’air, pendant et après les fouilles. Cette conservation peut se faire par des abris, ou bien encore par la reconstitution numérique 3D.


Conservation hors terrain

Le mobilier archéologique sorti des sédiments qui le contenait sera, après analyse, conservé soit en musée ou placé en entreposage. Dans le cas du musée, les objets sont restaurés, c’est-à-dire nettoyés, recollés et séchés s’il y a lieu. Il y a généralement une quantité énorme d’éléments en inventaire, après l’étude, et tout ne peut pas aller au musée. Il y a donc un choix qui doit être fait sur ce que l’on garde et ce que l’on ne garde pas, sur ce qui est exposé et sur ce qui ne l’est pas. Une chose demeure, jamais un objet sorti d’un site n’appartient à l’archéologue.

Conservation hors terrain d'une céramique

Un emballage de plastique permet de montrer cette céramique tout en la préservant des chocs


Rédaction et publication

C’est le partage des connaissances avec les autres scientifiques, et aussi avec le public. Encore ici, un choix doit être fait sur les exemples à présenter. Les publications peuvent prendre plusieurs formes, de l’article de revue scientifique au catalogue, en passant par le rapport de fouilles et même des sites internet.

La conclusion de toute publication archéologique inclut les recommandations de techniques et d’endroit pour de prochaines fouilles, ainsi que de réaménagements pour une mise en valeur ou protection du site. De nouvelles problématiques de recherches sont souvent identifiées à cette étape.

Exemple de publications

Le site de l'Îlot des Palais a généré une importante quantité de données et de connaissances consignées, entre autres, dans des publications